AFP / GENDARMERIE NATIONALE ¦ Photo diffusée par la gendarmerie nationale d'un jeune garçon découvert le 30 mai 2008 dans le lac d'Apremont en Vendée
D'intenses recherches ont été lancées vendredi pour tenter d'identifier un jeune garçon de 10 ans découvert flottant, inanimé mais vivant, dans un lac de Vendée à l'aube, alors que personne n'a signalé sa disparition
L'état du garçon était considéré comme "stable" vendredi soir après son hospitalisation au CHU de Nantes "entre la vie et la mort", en état d'hypothermie grave, selon les enquêteurs.
"Les médecins ne savent pas quand il pourra parler. Il respire quasiment seul. Il est inconscient", a précisé le procureur de la République des Sables d'Olonne, Jean-Luc Beck, saisi de l'affaire.
En attendant son réveil, les enquêteurs ont lancé un appel de recherche et multiplié les contacts pour tenter de l'identifier, sans résultat.
"Fugue, abandon ou enlèvement, tout est ouvert", a résumé M. Beck. "Ce qui est très étonnant, c'est qu'on n'ait aucun enfant déclaré disparu ou en fugue. Personne ne le réclame. C'est inquiétant pour l'enquête", a-t-il ajouté.
Diffusée par la gendarmerie pour tenter d'élargir les recherches, une photo montre le garçon sur son lit d'hôpital. Ses cheveux sont blonds, ses yeux bleus. Il mesure 1,30 m et pèse 40 kg.
Lorsqu'il a été sauvé, il était vêtu d'un pyjama de taille "8 ans" et de couleur beige, et de chaussons.
L'enfant a été découvert à 06H20 dans le lac d'Apremont (Vendée), un lac de barrage de 177 hectares sur la rivière Vie à 30 km au nord-ouest de La Roche-sur-Yon. "C'est le chien accompagnant un retraité allant à la pêche qui l'a repéré à six mètres de la berge", a expliqué le commandant Bertrand Depierre, officier communication de la gendarmerie des Pays-de-la-Loire.
Réanimé par les secours, le garçon a été conduit d'urgence par hélicoptère en état d'hypothermie. La température de son corps, qui ne portait aucune trace de violence, était tombée à 27 degrés, a précisé le commandant Depierre.
Durant toute la journée, plus de 50 gendarmes ont fouillé la zone et ont fait du porte à porte à Apremont, où un PC de crise a été installé dans la mairie de cette bourgade de 1.300 habitants. Le lac a été fouillé par des plongeurs et un hélicoptère a inspecté la zone. Les écoles et l'inspection académique ont été contactées tandis que le fichier des enfants disparus était consulté. Les enquêteurs élargissaient les recherches auprès des touristes de Vendée.
Mais "nous sommes toujours dans l'incapacité de l'identifier", constataient en fin de journée les enquêteurs.
APREMONT-AFP
Samedi...
Le jeune garçon découvert inanimé vendredi matin dans le lac d'Apremont (Vendée) s'est réveillé samedi et a commencé à parler aux enquêteurs, qui semblaient désormais privilégier la "piste criminelle", a-t-on appris auprès des gendarmes et de source judiciaire.
"Il nous a dit qu'il s'appellait Antoine et qu'il avait 8 ans. Mais il se trouve dans un état d'extrême fatigue et s'est rendormi après avoir pu être brièvement interrogé", a expliqué à l'AFP le commandant Bertrand Depierre, chargé de la communication de la gendarmerie des Pays de la Loire.
Le corps de la mère d'Antoine a été découvert samedi après-midi au domicile familial, a annoncé le procureur de la Roche-sur-Yon, Pierre Sennes.
Le corps a été retrouvé baignant dans son sang dans la maison familiale, située dans une zone de marais à Bois de Céné, au nord-ouest de Challans (Vendée), à une trentaine de kilomètres du lac où a été découvert le jeune garçon en état d'hypothermie grave.
Le corps "a été retrouvé dans la salle à manger" et portait la trace "d'un coup à la tête", a précisé le procureur. "Il n'y a pas de piste privilégiée pour le moment", selon lui.
Les enquêteurs recherchaient samedi "pour l'informer" le père de l'enfant, qui vit en région parisienne, séparé de la mère, et n'a pas donné signe de vie ces dernières heures, a indiqué M. Sennes.
L'enfant, qui a parlé aux enquêteurs samedi vers 11H00 et révélé son identité, "va bien" et "son état est satisfaisant". Il est toujours au CHU de Nantes, gardé par des gendarmes.
Le numéro de téléphone qui avait été mis en place par la gendarmerie pour recueillir des informations a été désactivé samedi.
Le garçon a été découvert vendredi dans le lac d'Apremont par un retraité qui promenait son chien. Il flottait à six mètres de la berge, habillé d'un pyjama beige de taille "8 ans", décoré d'une image de skater, et portait des chaussons à l'effigie du héros de bande dessinée Gaston Lagaffe.
Personne n'a jusqu'à présent signalé la disparition de ce garçon blond aux yeux bleus d'un 1,30 mètre et pesant 40 kg, malgré l'enquête de gendarmerie et la large diffusion d'une photo de l'enfant sur son lit d'hôpital.
Dans le petit village d'Apremont, qui compte environ 1.300 habitants, "personne ne semble l'avoir jamais rencontré", selon le maire, Guy Jolli.
Mardi 3 juin
L'ex-concubin de la mère du garçon de huit ans retrouvé inanimé vendredi dans un lac de Vendée a été mis en examen et écroué mardi soir après avoir avoué avoir tué la jeune femme et tenté de se débarrasser de son fils en le noyant
Cédric Hornec, mécanicien de 29 ans, a été mis en examen à La Roche-sur-Yon pour "homicide volontaire" sur la personne de la mère, Anne Deriez, une aide-soignante de 30 ans dont le corps avait été découvert samedi à son domicile de Bois-de-Céné (Vendée).
Il a également été mis en examen pour "tentative d'assassinat" sur Antoine, sauvé in extremis de la noyade vendredi à l'aube par un promeneur qui l'avait retrouvé flottant à la surface du lac d'Apremont.
Le drame s'est noué dans la nuit de jeudi à vendredi, au domicile de la jeune femme, à l'occasion d'une "violente dispute" sur des accusations d'"infidélités" entre l'ex-concubin et la mère qui s'étaient séparés 15 jours plus tôt, a expliqué le procureur de la République Pierre Sennes.
Le mécanicien a reconnu avoir porté de "violents coups à Anne Deriez qui est tombée au sol inanimée". "Constatant qu'elle était encore en vie, qu'elle respirait, il a posé un oreiller sur son visage pour mettre fin à ses jours", selon le procureur.
Cédric Hornec a ensuite "réuni ses effets personnels et a réveillé Antoine. Il l'a emmené en voiture et a roulé pendant la nuit jusqu'au lac d'Apremont", situé à environ 30 km de Bois-de-Céné.
Il a jeté le garçon dans le lac et maintenu sa tête sous l'eau avec son bras. Il l'a "maintenu ainsi jusqu'à ce que l'enfant ne bouge plus. Quand il a quitté les lieux, dans son esprit, l'enfant était mort", selon le magistrat.
"Antoine ne s'est pas débattu", a commenté le lieutenant-colonel Bernard Thibaud, commandant la section de recherche de la gendarmerie des Pays de la Loire, chargée de l'enquête.
Ensuite l'homme a brûlé ses effets personnels sur le bord d'un ruisseau tout proche, à Notre-Dame-de-Riez.
Cette description des faits corrobore le récit d'Antoine, lorsqu'il a pu parler aux enquêteurs après une journée de coma.
Après avoir été jeté dans le lac, le jeune garçon "n'a pas nagé. Il a voulu se raccrocher au bord et Cédric l'a repoussé une deuxième fois", a raconté son grand-père, Michel Deriez, à qui Antoine a raconté le drame.
Cédric Hornec a expliqué ses actes aux enquêteurs par la "panique" qui l'a saisi après la dispute. "Il dit qu'il n'a pas maîtrisé ses faits et gestes", selon le procureur.
Jusqu'à la séparation, l'ex-concubin semblait être apprécié par les proches d'Anne. C'était "quelqu'un de courageux, de travailleur, de franc, de carré" même s'il était parfois "impulsif et jaloux", a témoigné M. Deriez.
Antoine a pu quitter lundi l'hôpital pour être confié provisoirement à son grand-père qui vit dans le même hameau que sa mère. Le garçon "va bien. C'est un petit bonhomme costaud physiquement", selon M. Deriez.
Raymonde Krawezick, la femme chez qui Cédric Hornec a été interpellé dimanche et qui l'avait hébergé depuis vendredi 06h00 tout en connaissant les faits qu'il lui avait racontés le jour-même, a également été mise en examen mardi soir pour "recel de malfaiteur" et remise en liberté sous contrôle judiciaire, a indiqué en soirée le procureur.