Dépôts de carburant et ports bloqués, manifestations, bateaux à quai: les marins-pêcheurs étranglés par la flambée des prix du gazole ont multiplié mercredi les actions sur le terrain pour "maintenir la pression" sur le gouvernement.
"Nous maintiendrons les blocages tant que nous n'aurons pas de réponse satisfaisante à la fois sur le prix du gazole et l'accès aux ressources", a déclaré à l'AFP le président du comité des pêches de Dieppe Eric Maret.
Les pêcheurs, en grève presque partout le long du littoral français, ont maintenu également le blocus de nombreux ports de pêche et de plaisance en Manche et en Atlantique, notamment dans les Côtes d'Armor et en Vendée, d'où est parti le mouvement la semaine dernière.
Plusieurs centaines de manifestants continuaient également à empêcher l'accès, par des barrages routiers, à plusieurs dépôts pétroliers dans la région de Marseille -à Fos-sur-Mer, à Berre et à La Mède- mais aussi à Frontignan (Hérault) et Port-la-Nouvelle (Aude).
il a suffit de quelques heures...
...plus de Gas-oil à Elne, Canet, st-Cyp...on vit une époque formidable !
Dés mardi soir, les automobilistes du Roussillon se sont rués dans les station-services
une anticipation du conflit qui a provoqué de nombreuses ruptures de stock sur le gaz-oil
Le baril de pétrole a dépassé pour la première fois 132 dollars à New York mercredi. Un nouveau record que commente pour 20minutes.fr François Lescaroux, économiste à l’Institut français du pétrole (IFP).
Le baril de pétrole a dépassé mardi pour la première fois la barre des 130 dollars. La spéculation ne va t-elle pas trop loin?
Non, on peut même penser que le prix actuel est légèrement sous-évalué par rapport aux prix d’équilibre. En réalité, l’événement du jour, ce n’est pas la barre des 130 dollars qui est dépassée mais l’augmentation brutale des prix à long terme. Mardi, le pétrole vendu en décembre 2016 a clôturé à 138,38 dollars le baril, après une hausse de 8,40 dollars en une séance. La courbe des prix entre le court terme et le long terme s’est donc inversée. Cela signifie que sur le long terme le marché anticipe une hausse durable du pétrole. En somme, on peut résumer la situation actuelle à cette phrase: «C’est très cher mais cela pourrait être pire».
Il y a une polémique sur cette flambée du pétrole: les Américains accusent les pays pétroliers réunis au sein de l’Opep de maintenir des prix hauts, tandis que l’Opep montre du doigt les spéculateurs, jugés responsables de cette hausse. Qui a raison?
Les deux ont tort: l’Opep et les spéculateurs ne sont pas responsables de la flambée des prix. Les investisseurs ne font qu’anticiper le manque de pétrole à l’avenir, alors que l’Opep n’a pas beaucoup de marges de manœuvre pour faire baisser les prix. Les pays pétroliers peuvent augmenter au maximum leur capacité de production de 3 millions de barils par jour au maximum, mais la baisse des prix qui s’en suivrait serait compensée par une tension des marchés due à l’augmentation du risque: en cas de nouvelle guerre au Moyen-Orient, l’Opep n’aurait plus les réserves nécessaires pour faire face à la demande.
Quelles sont alors les vraies causes de la hausse du pétrole?
Il y a surtout trop de demande à l’échelle mondiale par rapport à l’offre disponible. Le niveau actuel des prix n’est pas lié à la conjoncture.
Dans ces conditions, jusqu’où peut monter le prix du baril?
On peut tout imaginer: le prix maximum est le prix du substitut au pétrole. Le pétrole ne peut pas être beaucoup plus cher que son futur remplaçant. Le problème, c’est qu’on ne sait toujours pas quel sera son remplaçant et quand il arrivera sur le marché
Propos recueillis par Vincent Glad-20Minutes.fr
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Le ministre de la Pêche, Michel Barnier, a annoncé mercredi le versement de 110 millions d'euros d'ici à la fin de l'année pour venir en aide aux pêcheurs confrontés à l'envolée des prix du gazole.
Les marins ont aussitôt été appelés à reprendre la mer par le président du comité national des pêches, Pierre-Georges Dachicourt. "Il faut que tout le monde reparte au travail", a-t-il demandé, jugeant que "l'essentiel a été obtenu grâce à un effort considérable du gouvernement".
Les marins-pêcheurs ont levé mercredi soir, parfois provisoirement, le blocus de quelques ports ou dépôts pétroliers après l'annonce par le gouvernement de mesures en leur faveur, mais restaient fortement mobilisés à l'issue d'une journée de manifestations sur toutes les côtes françaises.
L'enveloppe annoncée par le ministre fait partie du plan d'action de 310 millions d'euros annoncé le 13 janvier. Mais le ministre a promis que ce plan prévu initialement sur trois ans se déroulerait finalement sur deux ans.
Dans ce cadre, il a notamment annoncé l'attribution d'une "aide sociale" de 40 millions d'euros pour soutenir le revenu des marins pêcheurs.
Les pêcheurs marseillais ont annoncé en fin d'après-midi qu'ils levaient leurs barrages bloquant les accès à trois dépôts pétroliers des Bouches-du-Rhône, le temps de se réunir pour étudier les propositions du ministre de la Pêche, Michel Barnier.
Leurs collègues de l'Hérault ont mis fin eux aussi au blocus du dépôt de Frontignan, tandis que les pêcheurs normands levaient celui de deux dépôts de carburant à Caen. Les dépôts de Port-la-Nouvelle (Aude) et La Rochelle (Charente-Maritime) restaient en revanche bloqués mercredi soir.
Les pêcheurs, en grève presque partout le long du littoral français, ont aussi maintenu le blocus de nombreux ports de pêche et de plaisance en Manche et en Atlantique.
"On ne lève pas le blocage pour le moment. On ne va pas se précipiter", a indiqué mercredi soir à l'AFP Gérard Huguet, l'un des pêcheurs des Sables d'Olonne (Vendée), le port à l'origine du mouvement lancé le 10 mai.