Saoudiens : “Mille pardons, ô grand protecteur, mais l’heure est venue d’augmenter le prix du pétrole.” Bush : “Mince alors, les gars ! Allez-y, moi, tout ce qui est bon pour le pétrole, ça me va.” Petite bête : “La situation est difficile partout.” Dessin de Oliphant
...la Décadence, c'est la folle ambiance"
Les cours du pétrole, en très forte hausse vendredi, ont volé de records en records pour dépasser les 139 dollars, à la faveur de la baisse du dollar et d'une montée de la tension entre Israël et l'Iran
En deux jours de folle reprise, les cours du WTI, le brut léger américain, ont gagné plus de 16 dollars.
Le baril de brut léger américain a fini en hausse de 10,75 dollars à 138,54 dollars le baril dans un marché chauffé à blanc, après avoir dépassé un moment la barre des 139 dollars pour atteindre 139,12 dollars.
Ce bond de près de 11 dollars en une séance est le plus fort jamais enregistré depuis que ce marché existe.
Jeudi, le brut US avait déjà gagné 5,59 dollars.
A Londres, le Brent de la mer du Nord a bondi de 10,15 dollars à 137,69 dollars après avoir touché 138,12 dollars.
"C'est totalement stupéfiant", a commenté Chris Feltin, analyste chez Tristone Capital à Calgary.
Selon la banque d'affaires Morgan Stanley, le brut américain pourrait atteindre 150 dollars le baril d'ici au 4 juillet, fête nationale des États-Unis(et pic de la saison des déplacements estivaux en voiture, soit dans moins d'un mois), en raison d'une forte hausse de la demande des pays asiatiques.
En mai, Goldman Sachs avait indiqué que le baril pourrait valoir 200 dollars d'ici deux ans.
La flambée des prix de l'or noir - 44% depuis le début de l'année - est attribuée à la forte demande en provenance de la Chine et d'autres pays asiatiques en développement ainsi qu'à un afflux de liquidités d'investisseurs à la recherche d'une protection contre l'inflation et la dépréciation du dollar.
Le précédent record du WTI (West Texas Intermediate), à 135,09 dollars, remontait au 22 mai.
L'or noir avait ensuite fait l'objet de prises de bénéfice ces 15 derniers jours, les investisseurs craignant une répercussions de la flambée des prix sur la demande.
Et puis le dollar, devise dans laquelle se négocie le pétrole, s'est affaibli jeudi après les propos du président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet laissant entrevoir une hausse du loyer de l'argent dans la zone euro dès juillet. Les cours de l'or noir sont repartis à la hausse.
ATTAQUE ISRAÉLIENNE CONTRE L'IRAN ?
La remontée s'est accentuée vendredi après l'annonce d'un taux de chômage en forte hausse aux Etats-Unis au mois de mai, à 5,5%, son niveau le plus élevé depuis octobre 2004. Il était de 5% en avril. L'économie américaine a détruit 49.000 emplois en mai.
Ont également avivé la tension, les propos du ministre israélien des Transports estimant "inévitable" une attaque d'Israël contre des sites nucléaires iraniens compte tenu de l'échec apparent des sanctions visant à empêcher Téhéran de fabriquer à terme l'arme atomique.
"Attaquer l'Iran pour donner un coup d'arrêt à ses projets nucléaires sera inévitable", a déclaré l'ancien chef d'état-major de Tsahal et ancien ministre de la Défense dans un entretien publié vendredi par le quotidien Yedioth Ahronoth.
Pour Judith Dwarkin, économiste chez Ross Smith Energy Group, à Calgary, la flambée est "inexplicable", alors que selon elle, la demande est en baisse aux Etats-Unis.
"Les anticipations optimistes et le maintien des prix aux niveaux actuels dépendront de plus en plus d'un maintien de la hausse de la demande en provenance des pays hors de l'OCDE. Et cela dépendra de plus en plus des subventions aux prix de détail que les gouvernements paient dans ces pays émergents", a-t-elle déclaré.
Pour Mike Zarembski, analyste matières premières chez Optionsxpress à Chicago, la flambée des cours s'explique par le fait que la demande des pays asiatiques "ne ralentira peut-être pas aussi vite que certains l'auraient pensé".
Selon lui, "les traders et les spéculateurs et plus particulièrement les 'hedgers' cherchent à voir jusqu'où ils pourront faire monter le marché".
NEW YORK-Reuters
...omelette composée des acteurs de la crise avec dans les rôles principaux,
Bushman, Idéfix, les Enfants d'Abraham et les Spéculators...
...aux Jeux Olympiques !
J'sais pas... J'espérais quelque chose de plus précieux... Comme un baril de pétrole... Dessin de Martyn Turner
Les Etats-Unis et les quatre plus grandes puissances économiques asiatiques ont appelé samedi à éliminer "progressivement" les subventions sur les carburants, mais l'Inde et la Chine ont annoncé qu'elles ne pouvaient pas s'engager sur un calendrier
"Nous reconnaissons que, dans un futur proche, il serait bon d'abandonner graduellement et progressivement les subventions sur les prix des énergies conventionnelles", ont déclaré dans un communiqué conjoint les représentants des Etats-Unis, du Japon, de la Chine, de la Corée du Sud et de l'Inde, cinq pays qui consomment à eux seuls la moitié de l'énergie mondiale.
Les subventions "doivent être remplacées, partout où c'est possible, par des politiques mieux ciblées en faveur de certains bénéficiaires", ajoute le texte adopté à l'issue d'une réunion à Aomori (nord du Japon).
Les pays en développement ont tendance à largement subventionner les prix des carburants afin d'alléger le fardeau des plus pauvres.
Les représentants de la Chine et de l'Inde, qui recourent aux subventions, ont toutefois souligné qu'il n'était pas question de réformer ce système dans l'immédiat.
Le gouvernement indien a déjà été contraint mercredi d'augmenter les prix des carburants face à la flambée des cours du pétrole, entrainant une vague de manifestations.
Le ministre indien de l'Energie, Murli Deora, a annulé à la dernière minute sa venue au Japon pour des "raisons de politique intérieure" et a été remplacé par l'ambassadeur de l'Inde à Tokyo, Hemant Krishan Singh.
Lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion, M. Singh a déclaré qu'il n'était "pas exact ou correct" de décrire le communiqué conjoint comme un accord sur la levée des subventions dans l'immédiat.
"Cette question a été soulevée pendant la réunion et nous avons échangé des réponses et descommentaires. Mais non, il n'y a pas d'accord pour supprimer les subventions", a-t-il dit.
"Nous ne sommes pas encore en position pour passer à un système de prix totalement fixés par le marché. A long terme, je pense que chaque pays devra établir son propre calendrier", a-t-il ajouté.
Zhang Guobao, vice-président de la Commission nationale chinoise pour la réforme et le développement, s'est lui aussi gardé de fournir un échéancier pour la levée des subventions. "La Chine est encore un pays en développement avec des industries faibles, comme l'agriculture et les transports publics, les taxis", a dit M. Zhang aux journalistes. "Nous devons avancer en prenant soigneusement en considération la stabilité sociale et économique", a-t-il souligné.
Le Japon, qui importe pratiquement tout son pétrole, réclame la levée des subventions, qui poussent selon lui artificiellement à la hausse les prix du baril. Akira Amari, ministre japonais de l'Industrie, a estimé qu'il y avait eu un accord sur "la nécessité" de renoncer aux subventions.
Reconnaissant qu'une telle mesure était une "décision douloureuse", il a jugé "très important" que les cinq pays aient décidé de "s'y attaquer avec courage". Il a admis qu'il pourrait y avoir "des différences sur le rythme" auquel chaque pays parviendra à l'abolition des subventions.
Le cours du brut, qui a été multiplié par cinq depuis 2003, a franchi un nouveau record vendredi à New York, avec un bond sans précédent de 10,75 dollars en une séance, pour terminer à 138,54 dollars.
Devant la presse, le secrétaire américain à l'Energie Samuel Bodman a reconnu que ce nouveau record était "un choc" pour l'économie américaine, déjà en difficultés. Il a averti les pays producteurs de pétrole qu'une chute de la croissance américaine ne leur ferait pas de bien "car ils comptent sur nous pour être un moteur essentiel de l'activité économique mondiale".
M. Brodman a toutefois estimé qu'il n'y avait pas de crise du pétrole et qu'il n'était donc pas nécessaire de réguler le marché.
Dimanche, ce sera au tour des ministres de l'Energie des pays industrialisés du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) de se pencher sur la question. Une réunion élargie à la Chine, à l'Inde et la Corée du Sud se tiendra ensuite.
"Dire que j'étais à ça d'acheter une voiture hybride !"
Sur le journal : Un nouveau champ de pétrole découvert dans le golfe du Mexique
Dessin de Mike Keefe